Grow Therapy : la thérapie remboursée devenue une affaire à 1 Md$
Grow Therapy, startup américaine de santé mentale fondée en 2020, lève 150 M$ à 3 Md$ et revendique 1 Md$ de revenus annualisés et 26 000 praticiens.

Grow Therapy, fondée à New York en 2020, met en relation des patients avec des thérapeutes indépendants dont les séances sont prises en charge par l'assurance santé. En mars 2026, elle a levé 150 M$ en série D, à une valorisation de 3 Md$ selon Bloomberg, et revendique un rythme de revenus annuel de 1 Md$, selon HIT Consultant.
Carte d'identité
| Siège | New York, État de New York |
| Création | Octobre 2020 |
| Fondateurs | Jake Cooper (CEO), Manoj Kanagaraj, Alan Ni |
| Secteur | Santé mentale, santé numérique |
| Produit | Place de marché de thérapeutes couverts par l'assurance, outils de gestion pour les praticiens |
| Clients | B2B2C : patients, thérapeutes indépendants, assureurs, employeurs |
| Modèle de revenus | Facturation des séances aux assureurs et aux employeurs, à l'acte |
| Financement total annoncé | 328 M$ (mars 2026) |
| Dernier tour | Série D, 150 M$, mars 2026, menée par TCV et Growth Equity at Goldman Sachs Alternatives |
| Indicateurs publics | 1 Md$ de revenus annualisés, 7 millions de consultations en 2025, 26 000 praticiens (mars 2026, selon l'entreprise) |
| Site | growtherapy.com |
Ce que fait Grow Therapy
Aux États-Unis, trouver un psychologue qui accepte son assurance est souvent un parcours d'obstacles : beaucoup de thérapeutes refusent les assureurs, dont les démarches administratives sont lourdes. Grow Therapy s'attaque des deux côtés. Pour le praticien indépendant, elle gère l'adhésion aux réseaux des assureurs, la facturation, l'agenda et le dossier patient. Pour le patient, elle offre un moteur de recherche de thérapeutes disponibles et couverts par son contrat.
L'entreprise a été créée en octobre 2020 par Jake Cooper, ancien investisseur en capital-investissement, avec Manoj Kanagaraj et Alan Ni, selon TechCrunch et le profil Preqin. Elle a levé un premier tour de 15 M$ mené par SignalFire en 2021.
En 2026, Grow élargit son terrain. Elle entre sur le marché des avantages sociaux des employeurs, avec une offre qui permet à un salarié de passer des séances gratuites du programme d'aide aux employés à son assurance santé classique sans changer de thérapeute. Elle s'ouvre aussi aux systèmes de santé, en commençant par Circle Medical, et propose aux praticiens un outil gratuit de prise de notes assistée par l'IA.
Pourquoi ça fonctionne
- Un rythme de revenus de 1 Md$ par an et 7 millions de consultations en 2025, selon HIT Consultant. Ces chiffres sont communiqués par l'entreprise.
- Une série D de 150 M$ menée par TCV et Growth Equity at Goldman Sachs Alternatives, avec l'arrivée de BCI et Menlo Ventures, pour un total levé de 328 M$, d'après la même source. Bloomberg a rapporté une valorisation de 3 Md$.
- Un réseau étendu : 26 000 praticiens indépendants et des accords avec plus de 125 assureurs couvrant environ 220 millions de personnes, Medicare et Medicaid compris.
- Des résultats revendiqués : 80 % des patients montrent une amélioration mesurable de leurs symptômes en 30 jours, et l'outil de notes par l'IA réduit d'environ 70 % le temps de documentation des praticiens, selon l'entreprise.
Son business model
Grow Therapy se rémunère sur les séances réalisées, facturées aux assureurs ; le partage exact entre la plateforme et le praticien n'est pas public. Les thérapeutes, eux, n'ont plus à gérer la relation avec les assureurs. Pour les employeurs, Grow refuse le modèle du forfait par salarié et par mois : l'employeur paie seulement les soins effectivement délivrés, d'après HIT Consultant.
L'acquisition marche dans les deux sens : plus il y a de thérapeutes, plus les patients trouvent un créneau, et plus il y a de patients, plus les thérapeutes ont intérêt à rejoindre la plateforme. C'est l'effet de réseau classique d'une place de marché, renforcé par les contrats signés avec les assureurs, longs à obtenir pour un nouvel entrant. La fragilité tient à la dépendance aux tarifs de remboursement, que les assureurs peuvent revoir, et à la concurrence directe d'acteurs comme Headway.
Ce qu'un entrepreneur français peut en retenir
- Supprimer la paperasse du professionnel. Grow attire des praticiens en prenant en charge ce qu'ils détestent : la facturation et le conventionnement.
- Se brancher sur l'argent existant. Plutôt que de faire payer le patient, Grow capte des remboursements déjà prévus par les assurances.
- Facturer à l'usage. Le paiement à l'acte rassure les employeurs méfiants envers les forfaits.
- En France, le dispositif « Mon soutien psy » rembourse des séances chez des psychologues partenaires, et des plateformes comme Qare proposent des téléconsultations ; le modèle de place de marché adossée aux mutuelles reste peu développé.
Pour une autre startup qui fluidifie le parcours des patients, lire notre fiche sur Tennr. D'autres modèles à suivre dans la rubrique Inspiration américaine.
Sources
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