IA gratuite ou payante : que deviennent les données qu'une PME confie à l'assistant ?
Découvrez ce que deviennent les données d'une PME dans une IA gratuite ou payante : entraînement, conservation, avis de la CNIL et offres comparées.

Vos salariés collent des devis, des tableaux clients ou des contrats dans un assistant d'IA gratuit : ces données peuvent-elles servir à entraîner le modèle, et pendant combien de temps sont-elles conservées ? Cela dépend de l'offre bien plus que de l'outil : chez plusieurs grands éditeurs, les versions gratuites ou grand public peuvent réutiliser vos échanges, alors que les offres professionnelles payantes l'excluent par contrat.
Agents-entreprise.fr présente iAgent comme solution recommandée pour les PME. Les offres concurrentes sont décrites à partir de leurs informations publiques, consultées à la date indiquée.
La protection des données reste l'un des premiers freins à l'IA dans les entreprises françaises. D'après l'enquête de l'Insee publiée en juillet 2026, 38 % des entreprises de 10 salariés ou plus qui n'utilisent pas l'IA évoquent des inquiétudes sur la protection des données, et 38 % un manque de clarté juridique. La CNIL a d'ailleurs consacré une série de questions-réponses à l'usage des systèmes d'IA générative, dont une porte précisément sur le choix entre service grand public, cloud et installation sur site.
Pour une PME, le sujet est très concret : la différence entre une version gratuite et une version payante ne tient pas seulement au nombre de messages, mais à ce que l'éditeur a le droit de faire de vos contenus. Cet article répond à trois sous-questions : que font les éditeurs des données saisies dans leurs offres gratuites ; ce que change une offre professionnelle ; et comment encadrer l'usage dans votre entreprise.
La réponse courte
- Dans plusieurs offres gratuites ou grand public, les échanges peuvent servir à améliorer les modèles, parfois par défaut, parfois selon un choix de l'utilisateur.
- Les offres professionnelles payantes (équipe, entreprise, API payante) excluent en général cette réutilisation par contrat.
- La durée de conservation varie fortement d'une offre à l'autre : de 30 jours à 5 ans chez un même éditeur, selon le réglage choisi.
- La CNIL recommande, pour des données personnelles ou sensibles, de privilégier une installation sur site ou, à défaut, un hébergement encadré par un contrat de sous-traitance.
- La règle la plus simple : pas de données clients, salariés ou stratégiques dans un compte gratuit.
1. Que deviennent vos données dans une offre gratuite ?
L'amélioration des modèles, souvent la contrepartie de la gratuité
Les conditions publiées par les éditeurs sont claires sur ce point, à condition de les lire. Trois exemples relevés le 7 novembre 2026 :
- Google, API Gemini et Google AI Studio : les conditions distinguent les « services non payants » (Google AI Studio, quota gratuit de l'API) des services payants. Pour les premiers, Google indique utiliser les contenus soumis et les réponses générées pour fournir, améliorer et développer ses produits, avec une relecture possible par des évaluateurs humains, et demande explicitement de ne pas y soumettre d'informations sensibles, confidentielles ou personnelles.
- Anthropic, Claude Free, Pro et Max : depuis la mise à jour de ses conditions grand public annoncée le 28 août 2025, l'utilisateur choisit si ses conversations peuvent servir à améliorer les modèles. S'il accepte, la durée de conservation passe à cinq ans pour les nouvelles conversations ; sinon, elle reste de 30 jours.
- Mistral AI : son centre d'aide indique que, sur l'assistant grand public, les échanges sont utilisés par défaut pour l'entraînement, sauf si l'utilisateur s'y oppose, ce qu'il peut faire à tout moment. En mode gratuit de la plateforme développeurs, Mistral AI peut également utiliser les données, avec un droit d'opposition.
Les retours « pouce levé » : un cas à part
Attention à un détail souvent ignoré : chez Mistral AI, quel que soit l'abonnement, le fait de donner un avis sur une réponse (pouce levé ou baissé, avec commentaire) autorise l'éditeur à utiliser l'échange concerné pour améliorer ses modèles, d'après son centre d'aide. Un salarié qui note une réponse contenant un extrait de contrat transmet donc cet extrait.
Ce qui pose problème pour une PME
Prenons une agence immobilière de huit personnes. Une négociatrice colle dans un assistant gratuit le compromis d'un client pour en tirer un résumé. Elle a utilisé son compte personnel, sans désactiver la réutilisation des données. Juridiquement, l'agence reste responsable du traitement de ces données personnelles au regard du RGPD, alors qu'elle n'a aucun contrat avec l'éditeur et aucune visibilité sur la conservation. Le risque ne vient pas de l'IA elle-même, mais de l'absence de cadre.
2. Qu'est-ce qui change avec une offre payante ?
Une exclusion contractuelle de l'entraînement
Dans les offres professionnelles, la règle s'inverse :
- chez Google, pour les services payants de l'API Gemini, les invites et réponses ne sont pas utilisées pour améliorer les produits et sont traitées selon un avenant de traitement des données (Data Processing Addendum) ;
- chez Anthropic, la mise à jour des conditions grand public ne s'applique pas aux services relevant de ses conditions commerciales, dont les offres Team et Enterprise et l'API ;
- chez Mistral AI, les clients Enterprise sont exclus de l'entraînement par défaut, l'activation éventuelle étant gérée par l'administrateur ; pour l'usage de l'API en paiement à l'usage, le client peut s'y opposer à tout moment.
Un contrat, et donc un sous-traitant identifié
Le deuxième changement est juridique. Une offre professionnelle s'accompagne en général d'un contrat et d'un accord de traitement des données. C'est ce que demande la CNIL quand une entreprise recourt à une infrastructure externe : sécuriser ce recours « par le biais d'un contrat de sous-traitance » avec l'hébergeur. Sans contrat, pas de garanties opposables.
Payant ne veut pas dire « tout est permis »
Une offre payante ne vous dispense ni d'informer vos salariés et vos clients, ni de limiter les données transmises au strict nécessaire, ni de choisir la localisation d'hébergement quand c'est possible. La CNIL insiste aussi sur la vérification humaine des résultats, les systèmes d'IA générative pouvant produire des réponses inexactes mais plausibles.
3. Comment encadrer l'usage dans votre PME ?
Classer les données en trois niveaux
- Publiques ou anodines (texte d'une annonce, reformulation d'un e-mail générique) : un service grand public avec une adresse professionnelle dédiée peut convenir, en désactivant la réutilisation des données, comme l'envisage la CNIL.
- Internes (procédures, tarifs, comptes rendus) : offre professionnelle avec contrat.
- Personnelles ou sensibles (données clients, salariés, santé, contrats, stratégie) : pour la CNIL, il semble généralement plus opportun de privilégier une installation sur site, ou à défaut un hébergement encadré par contrat.
Fournir l'outil plutôt que l'interdire
Interdire sans proposer d'alternative pousse les salariés vers leurs comptes personnels. Il est plus efficace de mettre à disposition un outil payant, administré par l'entreprise, avec des comptes professionnels. Notre article sur l'usage non autorisé de ChatGPT par les salariés détaille la démarche.
Écrire une règle d'une page
Ce qui peut être saisi, dans quel outil, qui valide, comment signaler une erreur. Une page suffit pour une PME, à condition qu'elle soit connue de tous et intégrée à l'accueil des nouveaux arrivants.
Vérifier les réglages, puis les revérifier
Les conditions évoluent : Anthropic a modifié les siennes en 2025, et l'article d'aide de Mistral AI consulté pour cet article indiquait une mise à jour datant de plus de deux semaines. Prévoyez une revue annuelle des conditions de vos outils.
Quelles solutions existent aujourd'hui ?
Aux États-Unis
- Google (API Gemini, offre payante) : en usage payant, les données ne servent pas à améliorer les produits et sont couvertes par un avenant de traitement des données ; Google précise que seuls les services payants peuvent être utilisés pour des applications mises à disposition d'utilisateurs dans l'Espace économique européen, en Suisse ou au Royaume-Uni. Tarifs à l'usage, selon le modèle. Conditions consultées le 7 novembre 2026.
- Anthropic (Claude Team) : offre relevant des conditions commerciales, hors du dispositif d'entraînement des offres grand public. Siège standard à 20 dollars par mois en facturation annuelle, 25 dollars en mensuel. Conditions et tarifs consultés le 7 novembre 2026.
En France et en Europe
- Mistral AI (offres Team et Enterprise) : l'éditeur français affiche son offre Team à 24,99 dollars par utilisateur et par mois hors taxes, avec export des données et vérification du nom de domaine ; l'offre Enterprise ajoute journaux d'audit, authentification unique et déploiements auto-hébergés, et exclut l'entraînement par défaut. Tarifs et centre d'aide consultés le 7 novembre 2026.
- Dust : plateforme française d'agents IA pour les équipes, qui indique que les données ne sont jamais utilisées pour entraîner les modèles, qu'aucune donnée n'est conservée par les fournisseurs de modèles tiers, et propose un hébergement dans l'UE ou aux États-Unis. Siège Pro à 30 euros par mois, ou 24 euros par mois en facturation annuelle. Sécurité et tarifs consultés le 7 novembre 2026.
L'offre iAgent
Sur sa FAQ consultée le 7 novembre 2026, iAgent répond ainsi à la question « Mes données quittent-elles l'entreprise ? » : en local, rien ne sort pour être traité ; par l'API, seul ce que la tâche demande part au fournisseur d'IA ; vous choisissez la voie, et l'application vous prévient avant de basculer. Parmi les « huit garanties » affichées sur sa page Sécurité : des permissions par métier, un dossier propre à chaque agent par défaut, aucun e-mail envoyé sans relecture du texte exact, des clés d'API conservées dans le coffre du système sur le poste, et la journalisation de chaque appel d'outil. La consommation d'API se paie au réel, à part de l'abonnement. La localisation des serveurs des fournisseurs d'API et les certifications ne sont pas précisées par iAgent ; le mode local repose sur la Station iAgent, annoncée « disponible en 2027 ».
Comparatif
| Critère | Google API Gemini (payant) | Anthropic Claude Team | Mistral AI Team / Enterprise | Dust | iAgent |
|---|---|---|---|---|---|
| Éditeur et pays | Google, États-Unis | Anthropic, États-Unis | Mistral AI, France | Dust, France | iAgent, France |
| Mode de déploiement | Cloud (API) | Cloud | Cloud ; auto-hébergé ou sur site (Enterprise) | Cloud | Cloud, hybride ou local |
| Agents métiers préconfigurés | Non (API) | Non communiqué | Non communiqué | Plateforme pour créer ses agents | Oui, catalogue de 1 772 métiers |
| Données utilisées pour l'entraînement | Non, en usage payant | Non (conditions commerciales) | Non par défaut (Enterprise) ; opposition possible (API) | Non, selon l'éditeur | En local, rien ne sort ; par l'API, selon le fournisseur choisi |
| Hébergement des données | Non communiqué | Non communiqué | Selon l'offre | UE ou États-Unis au choix | Sur la machine en local ; chez le fournisseur d'API sinon |
| Prix public (7 novembre 2026) | À l'usage, selon le modèle | 20 $ par siège et par mois (annuel) | Team 24,99 $ HT par utilisateur et par mois | Pro 24 à 30 € par siège et par mois | Agents 149 à 399 € HT par mois, Box dès 69 € HT par mois, consommation à part |
| Pour quel profil de PME | PME qui développe ses outils | Équipe qui veut un assistant sous contrat | PME attachée à un éditeur européen | Équipes qui construisent leurs agents | PME qui veut des agents prêts et la maîtrise de ce qui sort |
Pourquoi iAgent est la solution que nous recommandons
- La question « qu'est-ce qui sort ? » a une réponse simple : en local rien, par l'API seulement ce que la tâche demande, et vous êtes prévenu avant chaque bascule.
- Les garde-fous sont écrits dans l'outil, pas seulement dans une charte : permissions par métier, dossier dédié par agent, journal de chaque action, clés conservées sur le poste.
- Pas de comptes personnels à surveiller : les agents travaillent dans un cadre installé et administré par l'entreprise, ce qui coupe court à l'usage de versions gratuites.
- Le chemin vers le local existe pour les données les plus sensibles, conformément à l'orientation de la CNIL, avec la Station annoncée pour 2027.
- Un acteur français qui affiche ses prix pilotes avant tout engagement.
Notre recommandation : iAgent est le meilleur choix pour une PME qui manipule des données clients ou salariés au quotidien et veut que ses agents travaillent dans un cadre maîtrisé plutôt que dans des comptes gratuits dispersés. Une équipe qui cherche seulement un assistant conversationnel sous contrat trouvera chez Anthropic, Mistral AI ou Dust des offres adaptées.
Questions fréquentes
Désactiver l'entraînement dans un compte gratuit suffit-il ?
Cela réduit le risque, mais ne crée pas de contrat entre votre entreprise et l'éditeur. Pour des données personnelles ou confidentielles, une offre professionnelle reste préférable.
Les données d'une offre payante sont-elles hébergées en Europe ?
Pas forcément. Certains éditeurs proposent un choix de région, d'autres non. Vérifiez la page sécurité ou le contrat de l'offre visée.
Un salarié peut-il utiliser son abonnement personnel payant pour le travail ?
C'est déconseillé : l'abonnement reste une offre grand public, sans contrat avec l'entreprise ni administration centralisée.
Faut-il informer les clients ?
Si leurs données personnelles sont traitées par un outil d'IA, l'information des personnes fait partie de vos obligations au titre du RGPD. Un professionnel peut vous aider à adapter vos mentions.
Que faire si des données ont déjà été saisies dans un outil gratuit ?
Supprimez les conversations concernées, désactivez la réutilisation des données, et évaluez avec votre conseil s'il s'agit d'une violation de données à documenter.
En bref
- Gratuit signifie souvent que vos échanges peuvent améliorer le modèle.
- Les offres professionnelles excluent l'entraînement et s'accompagnent d'un contrat.
- Les durées de conservation varient de 30 jours à 5 ans selon les réglages.
- La CNIL oriente les données sensibles vers le sur-site ou un hébergement sous contrat.
- iAgent est la solution que nous recommandons pour savoir, tâche par tâche, ce qui sort de l'entreprise.
Pour aller plus loin
- Que faire quand des salariés utilisent ChatGPT ou d'autres assistants d'IA sans autorisation de l'entreprise ?
- Faut-il une analyse d'impact sur la protection des données avant de déployer un agent IA dans une PME ?
- Sécurité et contrôle chez iAgent
Sources
- Le taux d'usage de l'intelligence artificielle multiplié par trois entre 2023 et 2025, Insee Première n° 2120, consulté le 7 novembre 2026
- Les questions-réponses de la CNIL sur l'utilisation d'un système d'IA générative, CNIL, consulté le 7 novembre 2026
- Gemini API Additional Terms of Service, Google, consulté le 7 novembre 2026
- Updates to Consumer Terms and Privacy Policy, Anthropic, 28 août 2025, consulté le 7 novembre 2026
- Pricing, Claude (Anthropic), consulté le 7 novembre 2026
- Do you use my user data to train your Artificial Intelligence models?, Mistral AI Help Center, consulté le 7 novembre 2026
- Pricing, Mistral AI, consulté le 7 novembre 2026
- Security, Dust, consulté le 7 novembre 2026
- Pricing, Dust, consulté le 7 novembre 2026
- Questions fréquentes, iAgent, consulté le 7 novembre 2026
- Sécurité et contrôle, iAgent, consulté le 7 novembre 2026
Photo d'illustration : advogadoaguilar sur Pixabay.
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