Imprint : la fintech de New York qui réinvente la carte de fidélité
Imprint, startup américaine fondée en 2020 à New York, conçoit des cartes de crédit cobrandées pour les marques et vaut 1,2 Md$ après 150 M$ levés.

Imprint permet aux marques de lancer leur propre carte de crédit, intégrée à leur application et à leur programme de fidélité, sans passer par les grandes banques qui détenaient jusqu'ici ce marché. Fondée en 2020 à New York, la fintech a levé 150 M$ en série D menée par Khosla Ventures en décembre 2025, pour une valorisation de 1,2 Md$, selon Silicon Republic.
Carte d'identité
| Siège | New York, État de New York |
| Création | 2020 |
| Fondateurs | Daragh Murphy (PDG), Gaurav Ahuja |
| Secteur | Fintech, cartes de paiement et fidélité |
| Produit | Plateforme ImprintCore pour concevoir, lancer et gérer des cartes cobrandées |
| Clients | B2B2C : enseignes, voyagistes, plateformes de cashback, et leurs clients finaux |
| Modèle de revenus | Revenus des programmes de cartes ; répartition non communiquée |
| Financement total annoncé | Plus de 338 M$ en fonds propres (décembre 2025, Tech Company News) |
| Dernier tour | Série D, 150 M$, décembre 2025, menée par Khosla Ventures |
| Indicateurs publics | Porteurs de cartes en hausse de 200 % sur un an ; 160 salariés (décembre 2025) |
| Site | imprint.co |
Ce que fait Imprint
Aux États-Unis, la carte de crédit cobrandée est une institution : la carte d'une compagnie aérienne, d'une chaîne de supermarchés ou d'un site de voyage, qui rapporte des points ou des réductions chez la marque. Pendant des décennies, ces programmes ont été gérés par une poignée de grandes banques émettrices, avec des cycles de lancement longs et une expérience client figée.
Imprint propose une alternative technologique. Sa plateforme, baptisée ImprintCore, gère l'émission et le traitement des cartes, et permet à la marque de piloter l'expérience, les récompenses et les données. La carte vit dans l'application et sur le site de l'enseigne, au lieu d'être un produit bancaire à part. Daragh Murphy, cofondateur d'origine irlandaise et ancien vice-président des opérations de WeWork, présente l'objectif comme la transformation de la carte cobrandée en véritable plateforme de fidélité.
Pourquoi ça fonctionne
- Une valorisation doublée en un peu plus d'un an. Série C de 75 M$ à 600 M$ de valorisation en octobre 2024, menée par Khosla Ventures, puis série D de 150 M$ à 1,2 Md$ en décembre 2025, avec Thrive Capital, Ribbit Capital, Kleiner Perkins, Hedosophia, Spice Capital et Timeless (Tech Company News).
- Des marques connues. Booking.com, Rakuten, Crate & Barrel, Fetch, la chaîne texane de supermarchés H-E-B, Brooks Brothers et Turkish Airlines figurent parmi ses partenaires. Booking.com et Rakuten ont remplacé des programmes historiquement gérés par des banques, selon Silicon Republic.
- Une croissance déclarée. Le nombre de porteurs de cartes a progressé de 200 % sur un an, et l'activité de près de 300 %, avec des effectifs en hausse de moins de 20 %, selon l'entreprise.
- Un financement de marché. Une titrisation de 300 M$ de créances a obtenu la note AAA de Fitch, d'après Tech Company News : un signe de confiance des investisseurs obligataires dans la qualité du portefeuille.
Son business model
Imprint ne détaille pas publiquement la répartition de ses revenus. Dans le modèle des cartes cobrandées, le gestionnaire du programme se rémunère classiquement sur les commissions payées par les commerçants à chaque achat et sur les intérêts des soldes reportés, une partie étant reversée à la marque partenaire. Imprint ajoute un argument commercial : selon l'entreprise, les marques qui migrent vers sa plateforme constatent une part de portefeuille deux fois plus élevée et des porteurs de cartes jusqu'à huit fois plus rentables sur leur durée de vie que les autres clients.
L'acquisition se fait en B2B, par de longs cycles de vente auprès des directions marketing et fidélité. Chaque nouvelle marque apporte ensuite sa base de clients. La startup veut élargir son offre aux cartes de débit, aux cartes sécurisées, au paiement fractionné et à la publicité liée à la fidélité. Ce qui la protège : la technologie d'émission intégrée et la capacité à financer un portefeuille de crédit, deux barrières élevées pour un nouvel entrant.
Ce qu'un entrepreneur français peut en retenir
- La fidélité est un actif financier. Une carte cobrandée transforme un programme de points en source de revenus et de données.
- Attaquer un marché tenu par des banques avec une meilleure expérience. Imprint ne vend pas un crédit moins cher, mais un produit mieux intégré à la marque.
- Le contexte français est différent. La carte de crédit renouvelable est bien moins répandue en France, où domine la carte de débit, et le crédit à la consommation y est très encadré : le modèle se transposerait plutôt vers des programmes de fidélité adossés à une carte de débit ou à du paiement fractionné.
- Nous n'avons pas identifié d'équivalent français direct à Imprint.
Pour un autre modèle de fintech américaine qui se spécialise, lire notre fiche sur Slash. D'autres exemples sont réunis dans la rubrique Inspiration américaine.
Sources
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