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Mill : les déchets de cuisine recyclés en aliment pour poules

Mill, start-up californienne fondée par deux anciens de Nest, recycle les déchets alimentaires en aliment pour poules. Whole Foods l'adopte dès 2027.

Max Martinel··5 min de lecture
Mill : les déchets de cuisine recyclés en aliment pour poules

Fondée par deux anciens de Nest, Mill vend un appareil qui sèche et broie les restes de repas, puis transforme ces « Food Grounds » en ingrédient pour l'alimentation des poules. En décembre 2025, la start-up californienne a signé avec Amazon pour équiper les rayons fruits et légumes de Whole Foods à partir de 2027, selon son communiqué.

Carte d'identité

SiègeBaie de San Francisco, Californie (San Bruno, d'après ses communiqués)
Création2020
FondateursMatt Rogers et Harry Tannenbaum, anciens de Nest
SecteurClimat, gestion des déchets alimentaires
ProduitBac de recyclage domestique et système professionnel Mill Commercial
ClientsB2C (ménages), B2B (distribution, restauration collective, bureaux) et B2G (villes)
Modèle de revenusVente d'appareils, contrats commerciaux et partenariats municipaux
Financement total annoncé250 M$ (selon Axios, cité par TechCrunch, décembre 2025)
Dernier tourInvestissement non chiffré du Climate Pledge Fund d'Amazon (décembre 2025)
Indicateurs publics26 millions de livres (environ 11 800 tonnes) de nourriture détournées des décharges, selon son site
Sitemill.com

Ce que fait Mill

Le geste est simple : on jette ses épluchures dans le bac, qui les sèche et les broie pendant la nuit. Le volume baisse de 80 %, selon l'entreprise, et l'odeur disparaît. Le résidu sec peut servir de compost au jardin ou être collecté pour devenir un ingrédient d'alimentation animale, une filière autorisée dans l'État de Washington dès février 2024, d'après l'historique publié par Mill.

Depuis 2025, Mill vise aussi les professionnels. Mill Commercial, version à grande capacité, traitera les restes de fruits et légumes des réserves de Whole Foods. Les résidus serviront à nourrir les poules des fournisseurs d'œufs de la marque propre de l'enseigne. Le déploiement doit commencer en 2027, rapporte TechCrunch.

Pourquoi ça fonctionne

  • Un client de référence dans la distribution. L'accord avec Amazon fait de Whole Foods le premier distributeur à adopter Mill Commercial. L'enseigne veut réduire de moitié son gaspillage alimentaire d'ici 2030, selon le communiqué commun.
  • De nouveaux partenaires en 2026. Mill a annoncé le 27 avril 2026 un partenariat stratégique avec Compass Group North America, géant de la restauration collective, et a rejoint quelques jours plus tôt le fonds AI Futures de Google pour développer l'analyse visuelle des déchets, selon sa page d'actualités.
  • Des villes convaincues. À Phoenix, un pilote mené avec le composteur local R.City a permis de détourner 441 tonnes de nourriture des décharges et près de 3 000 habitants se sont inscrits, indique la ville de Phoenix le 23 juin 2026, en citant l'étude de cas de Mill.
  • Des moyens. La start-up a levé 250 M$ au total, selon Axios cité par TechCrunch.

Son business model

Mill a trois guichets. Le premier vend l'appareil domestique, affiché « à partir de 999 $ » ou 83 $ par mois sans intérêts sur son site, avec retour possible sous 90 jours. Le deuxième signe des contrats avec la distribution, la restauration collective et les entreprises : une offre pour les bureaux a été lancée en avril 2025. Le troisième passe par les collectivités, qui subventionnent ou promeuvent les appareils pour réduire le volume des ordures ménagères.

Ce qui protège le modèle, c'est la chaîne complète : l'appareil, la collecte des résidus et leur valorisation réglementée en alimentation animale. Un concurrent peut copier un broyeur, beaucoup plus difficilement la filière derrière. La fragilité tient au prix de l'appareil pour les particuliers et au rythme des déploiements commerciaux, qui ne démarreront vraiment chez Whole Foods qu'en 2027.

Ce qu'un entrepreneur français peut en retenir

  1. La réglementation peut devenir un actif. Faire reconnaître ses résidus comme ingrédient d'alimentation animale crée une barrière à l'entrée.
  2. Vendre la même technologie à trois types de clients. Particuliers, entreprises et villes n'achètent pas pour les mêmes raisons, mais réduisent le risque commercial.
  3. Un grand distributeur vaut toutes les campagnes de pub. La caution de Whole Foods ouvre la porte aux autres enseignes.
  4. Le contexte français est porteur. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est généralisé en France, rappelle le ministère de la Transition écologique : un appareil qui simplifie ce geste répond à une obligation réelle.

Pour d'autres modèles transposables, consultez la rubrique Inspiration américaine et notre fiche sur Owner, autre start-up qui vend aux professionnels de l'alimentation.

Sources

Photo d'illustration : ElasticComputeFarm sur Pixabay.

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#Mill#climat#startup américaine#Californie#déchets alimentaires#B2C et B2B

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