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Modal : la start-up new-yorkaise qui loue le calcul IA à la seconde

Modal, start-up américaine née vers 2021 à New York, loue à la seconde la puissance de calcul pour l'IA. Elle dépasse 1 Md$ de revenu annualisé en 2026.

Max Martinel··5 min de lecture
Modal : la start-up new-yorkaise qui loue le calcul IA à la seconde

Modal permet aux développeurs de faire tourner leurs applications d'intelligence artificielle sur des processeurs graphiques loués à la seconde, sans gérer de serveurs. La start-up new-yorkaise a annoncé le 14 octobre 2026 avoir dépassé un milliard de dollars de revenu annualisé et levé 750 millions de dollars à une valorisation de 15,75 milliards, sur son blog.

Carte d'identité

SiègeNew York, État de New York (équipes aussi à San Francisco et Stockholm)
CréationVers 2021 (l'entreprise dit avoir démarré « il y a cinq ans » en octobre 2026)
FondateursErik Bernhardsson (cofondateur, PDG), Akshat Bubna (cofondateur, directeur technique)
SecteurInfrastructure cloud pour l'IA
ProduitPlateforme « serverless » d'inférence, d'entraînement, de traitement par lots et de bacs à sable (Sandboxes)
ClientsB2B : start-ups d'IA, éditeurs de logiciels, entreprises technologiques
Modèle de revenusFacturation à l'usage, à la seconde, plus abonnement d'équipe
Financement total annoncéNon communiqué
Dernier tourSérie D, 750 M$, 14 octobre 2026, menée par Accel, valorisation post-money 15,75 Md$
Indicateurs publicsPlus de 1 Md$ de revenu annualisé, dont 300 M$ pour les Sandboxes ; plus de 200 salariés (octobre 2026)
Sitemodal.com

Ce que fait Modal

Faire tourner un modèle d'IA en production suppose de réserver des processeurs graphiques (GPU), de configurer des serveurs et de gérer les pics de charge. Modal supprime cette couche : le développeur écrit son code, et la plateforme lance les machines nécessaires quand une requête arrive, puis les éteint quand elle est traitée. Modal ne possède pas ses serveurs : elle loue de la capacité en gros à treize fournisseurs d'infrastructure, selon SiliconANGLE.

Son produit le plus dynamique s'appelle Sandboxes : des environnements isolés où des agents d'IA peuvent exécuter du code qu'ils ont eux-mêmes écrit, sans risque pour le reste du système. Près de 3 milliards de ces bacs à sable ont été lancés, et cette activité pèse à elle seule 300 M$ de revenu annualisé, indique Erik Bernhardsson sur le blog de Modal. Parmi les clients cités : DoorDash, Ramp, Linear, Cognition, Runway, Suno ou Hebbia.

Pourquoi ça fonctionne

  • Une croissance hors norme. Environ 60 M$ de revenu annualisé en septembre 2025, près de 300 M$ en mai 2026 selon Reuters cité par SiliconANGLE, puis plus d'un milliard en octobre 2026, avec un revenu multiplié par plus de 15 sur un an (Modal).
  • Trois valorisations en treize mois. 1,1 Md$ en septembre 2025, 4,65 Md$ lors de la levée de 355 M$ de mai 2026, puis 15,75 Md$ avec la série D menée par Accel, rejointe par Kleiner Perkins (Runtime Wire).
  • Un usage qui s'emballe avec les agents de code. L'entreprise affirme que l'utilisation de sa plateforme a triplé entre mai et octobre 2026. « Les six derniers mois ont tout tiré », déclarait son PDG en mai, en citant l'adoption des outils de programmation par IA (SiliconANGLE).

Son business model

Modal facture le temps de calcul réellement consommé, à la seconde. Sa grille tarifaire, consultée le 4 novembre 2026, affiche par exemple un GPU H100 à 0,001097 $ la seconde, soit environ 3,95 $ de l'heure (calcul de la rédaction), et un A100 80 Go à 0,000694 $ la seconde. L'offre Starter est gratuite avec 30 $ de crédits de calcul par mois ; l'offre Team coûte 250 $ par mois plus la consommation ; les grands comptes négocient des remises sur volume.

Ce modèle est taillé pour l'acquisition par le produit : un développeur s'inscrit, teste gratuitement, puis sa consommation grossit avec le succès de son application. Le revenu de Modal croît donc avec celui de ses clients, sans nouvelle vente.

Ce qui la protège : la rapidité de démarrage de ses machines et la simplicité de son outil, qui fidélisent les développeurs, et une capacité négociée auprès de nombreux fournisseurs. Ses fragilités : des marges dépendantes du prix auquel elle loue les GPU, et une concurrence directe d'autres plateformes d'inférence comme fal, dont la levée récente est détaillée dans notre article.

Ce qu'un entrepreneur français peut en retenir

  1. Vendre la simplicité au-dessus d'une ressource rare. Modal n'a pas construit de centres de données : elle rend utilisables des GPU loués ailleurs.
  2. Laisser la facture suivre la croissance du client. La tarification à l'usage transforme chaque client qui réussit en source de revenu croissante.
  3. Repérer le nouvel usage. Les bacs à sable pour agents d'IA sont devenus en moins d'un an un tiers de l'activité.

En France, Scaleway, filiale du groupe Iliad, propose de la puissance de calcul GPU dans le cloud et met en avant l'hébergement des données en Europe, un argument qui compte pour les entreprises soucieuses de souveraineté.

À lire aussi : notre fiche sur Profound, autre start-up new-yorkaise de l'IA, et la rubrique Inspiration américaine.

Sources

Photo d'illustration : This_is_Engineering sur Pixabay.

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#Modal#cloud#startup américaine#New York#B2B#infrastructure IA#GPU

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