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Varda : la start-up qui veut fabriquer des médicaments en orbite

Varda Space Industries, start-up américaine fondée en 2021 à El Segundo, fabrique des médicaments en apesanteur. Elle a levé 329 M$, dont 187 M$ en 2025.

Max Martinel··5 min de lecture
Varda : la start-up qui veut fabriquer des médicaments en orbite

Varda Space Industries envoie de petites capsules en orbite pour y cristalliser des molécules pharmaceutiques en apesanteur, puis les ramène sur Terre. La start-up d'El Segundo a levé 187 millions de dollars en juillet 2025 et compte six missions lancées à fin mars 2026, selon Built In et son communiqué du 30 mars 2026.

Carte d'identité

SiègeEl Segundo, Californie
Création2021
FondateursWill Bruey (cofondateur, PDG), Delian Asparouhov (cofondateur, président)
SecteurSpatial, pharmacie
ProduitCapsules orbitales de fabrication pharmaceutique et de tests de rentrée hypersonique
ClientsB2B (laboratoires pharmaceutiques) et B2G (recherche militaire et spatiale)
Modèle de revenusMissions financées par des partenaires publics, développement de formulations pharmaceutiques
Financement total annoncé329 M$ (juillet 2025, Built In)
Dernier tourSérie C, 187 M$, juillet 2025, co-menée par Natural Capital et Shrug Capital
Indicateurs publics6 missions lancées (mars 2026) ; environ 140 salariés en 2025 selon Wikipédia
Sitevarda.com

Ce que fait Varda

Certaines molécules ne cristallisent pas de la même façon sur Terre et en apesanteur. Or la forme cristalline d'un principe actif influe sur la manière dont un médicament se conserve ou se dissout. Varda veut exploiter cette différence en produisant en orbite des formulations impossibles à obtenir au sol, explique Built In.

Concrètement, l'entreprise place en orbite basse une capsule de la taille d'une machine à laver, y conduit le processus de cristallisation, puis la fait rentrer dans l'atmosphère pour récupérer le produit. Ses capsules atterrissent notamment sur le champ de tir de Koonibba, en Australie-Méridionale. L'entreprise fabrique elle-même leurs boucliers thermiques, dans son usine d'El Segundo (communiqué Varda).

Chaque rentrée atmosphérique est aussi une occasion rare de tester des matériaux et des capteurs à vitesse hypersonique. Varda a fait de cette contrainte un second métier : la mission W-6, lancée le 30 mars 2026, embarquait un système de navigation autonome ainsi que des tuiles thermiques fournies par Sandia National Laboratories et la NASA, et était financée dans le cadre d'un partenariat avec l'Air Force Research Laboratory (même source).

Pourquoi ça fonctionne

  • Une levée qui en fait une licorne. La série C de 187 M$, annoncée en juillet 2025 et co-menée par Natural Capital et Shrug Capital, a porté le total levé à 329 M$ (Built In). Founders Fund, Khosla Ventures et Lux Capital figurent parmi ses actionnaires.
  • Une cadence de vols qui accélère. Après une première capsule récupérée en février 2024, Varda a enchaîné les missions en 2025 et 2026, jusqu'à W-6, sa sixième (communiqué Varda). La capsule W-5 a atterri le 29 janvier 2026, selon Aviation Week.
  • Un client public récurrent. Les vols servent de banc d'essai hypersonique pour la recherche militaire américaine, ce qui finance une partie de l'activité pendant que le volet pharmaceutique mûrit.

Toutes les missions n'ont pas réussi : d'après Wikipédia, la capsule W-4 ne serait pas rentrée correctement et se serait désintégrée dans l'atmosphère en mai 2026.

Son business model

Varda avance sur deux jambes. La première, déjà rémunératrice, consiste à vendre des vols d'essai : agences et laboratoires de recherche paient pour exposer leurs technologies aux conditions d'une rentrée réelle, une prestation que peu d'acteurs savent fournir. La seconde, la plus ambitieuse, vise les laboratoires pharmaceutiques : leur proposer des versions de molécules aux propriétés améliorées, fabriquées en orbite. Avec sa série C, l'entreprise a annoncé un laboratoire de 10 000 pieds carrés à El Segundo pour travailler sur la cristallisation de biomédicaments comme les anticorps monoclonaux (Built In). Aucun chiffre d'affaires n'est publié.

Ce qui la protège : la maîtrise de bout en bout de la capsule, du bouclier thermique et de l'atterrissage, et l'expérience de vol accumulée. Ses fragilités : la dépendance aux lanceurs de SpaceX, le risque de chaque mission et un débouché pharmaceutique qui reste à démontrer commercialement.

Ce qu'un entrepreneur français peut en retenir

  1. Financer la vision longue par un revenu court. Les tests hypersoniques paient les vols pendant que le pari pharmaceutique se construit.
  2. Transformer un sous-produit en offre. La rentrée atmosphérique, simple étape technique, est devenue un service vendu.
  3. Intégrer les briques critiques. Fabriquer soi-même le bouclier thermique réduit la dépendance aux fournisseurs sur le composant le plus sensible.

En Europe, The Exploration Company, présente en France et en Allemagne, développe elle aussi des capsules capables de revenir sur Terre.

À lire aussi : notre fiche sur Hadrian, autre start-up californienne de l'industrie de pointe, et la rubrique Inspiration américaine.

Sources

Photo d'illustration : luvqs sur Pixabay.

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#Varda Space Industries#spatial#startup américaine#Californie#B2B#pharmacie#rentrée atmosphérique

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